Everything is Everything

 

L’exposition Everything is Everything de Tracey Snelling, immersive et environnementale, présente un ensemble significatif de nouvelles sculptures et installations multi-média, en ce compris des œuvres produites durant ses récentes résidences d’artiste à Pékin et Zhujiajiao en Chine. Tant dans les bâtiments et locaux miniatures, animés par la  vidéo,  que dans les installations et néons grandeur nature, les références culturelles de Snelling  créent des dichotomies, des schismes, des contrepoints et des convergences qui s’imposent au spectateur. On peut voir une telle configuration complexe dans l’œuvre Oakland Sideshow (2013) : la réplique d’un immeuble tagué, qui abrite un coiffeur Upperkuts, un restaurant latino et une salle de boxe, est perché sur le Bureau du Parti Socialiste du Peuple Africain et une petite colline où une miniature de voiture customisée tourne sur elle-même -un clin d’œil aux courses illégales de sideshow populaires à Oakland. Snelling ne tente pas de recréer les images exactes des endroits qu’elle a visités. Cependant, lorsqu’on chemine à travers les installations, celles-ci commencent à raconter une histoire liée aux séjours de l’artiste dans les métropoles ou les bourgades, les immeubles abandonnés ou non. Quoique le spectateur reconnaît facilement  l’origine des lieux auxquels chaque œuvre est liée, il ne perçoit pas les installations, qui incluent des sculptures miniatures, des projections et des objets trouvés, comme étant uniquement en relation avec les pays qu’elles représentent. Au contraire, ces œuvres, vues côte à côté, commencent à former une version abstraite et confuse de la manière dont les expériences s’entremêlent, se connectent éventuellement, parfois si intensément que les différences entre un endroit et un autre, éloignés par des milliers de kilomètres, deviennent floues et sujettes à question.

L’exposition offre des pastiches de villes, d’iconographie culturelle et de signification récurrente des souvenirs et babioles que Snelling porte à notre attention et met résonnance avec de nombreux autres aspects de la vie contemporaine. Everything is Everything est un journal de voyage ou un album photo qu’on balaye en un coup d’oeil, mais c’est aussi cette impression de proximité grandissante de notre monde. Aujourd’hui, nous pouvons non seulement visiter des lieux que d’autres avant nous ne pouvaient que rêver de voir, mais de plus, même si nous n’y mettons pas les pieds physiquement, nous pouvons accéder à une myriade d’aspects de la culture, de la politique, des arts et de l’histoire d’un endroit.

A travers Everything is Everything, Snelling nous pousse à cette vie de vagabondage en temps et lieu réels, nous reposant ici pour admirer la beauté simple d’une sculpture-souvenir grecque chaulée, tout en reluquant là les néons criards sud-américains qui clignotent par-dessus. Communist Apartment 1 (2013) est une autre œuvre multi-média,  créée en collaboration avec l’artiste Idan Levin. Elle prend la forme d’un complexe d’appartements miniature dont les fenêtres projettent des vidéo clips de films chinois et russes. Des images de chambres surannées se reflètent de la sculpture, insufflant la vie à l’œuvre grâce aux visages de ses divers résidents. Les fusions que Snelling propose ne font que compliquer les manières dont les gens, à travers le monde, entrent en relation au niveau le plus simple et le plus humain. Finalement, Everything is Everything, comme son titre le suggère, offre une compréhension quant à la façon dont les fragments, s’accumulant, commencent à former des liens naturels réciproques. Cette inter-connectivité,  qui se renforce au fil du temps, fusionne des images, des idées et des lieux incongrus en une vision unifiée qui, même si elle se manifeste sous différentes formes, transmet un même message indélébile.

Courtney Malick

Los Angeles, Août 2013

Everything is Everything est la première exposition solo de Tracey Snelling chez Aeroplastics contemporary. L’artiste a précédemment exposé en solo à Bruxelles à la galerieTaché-Lévy (2007 et 2009) et a fait partie de deux expositions de groupe montées par Aeroplastics : « Fireflies » (Aeroplastics, février 2012) et « That’s all Folks » (Stadshallen, Brugge, décembre 2009-janvier 2010).

Les sculptures modélisées de Snelling font partie de collections de renommée, telles que la Collection Margulies (Miami), David Roberts (Londres), Antonio Dalle Nogare (Italie), Gemeentemuseum Helmond (Pays-Bas), Himalayas Museum (Shanghai), Museum of Fine Arts Houston (Texas), Selfridges (Londres), West Collection (Pennsylvanie), 21c Meseum (Kentucky), Angel Collection of Contemporary Art (Israel) et Microsoft Art Collection (Redmond, Washington).